Comment les logiques de rationalisation du secteur médico-social peuvent-elles soutenir les pratiques collectives des professio

BIED Marjorie METZGER Jean-Luc

15,00 

Résumé

Il existe une pression insistante à l’industrialisation du secteur médicosocial, pression qui se traduit par la conception et l’introduction de dispositifs technico-gestionnaires. Ces derniers sont, le plus souvent, conçus sans prendre en compte les spécificités du travail des professionnels : exigences liées au contenu même de leur activité, compétences relationnelles qu’ils mobilisent et attitude attentionnée dont ils font preuve. Dès lors, la logique de rationalisation, inscrite dans les dispositifs, entre en tension avec la logique professionnelle, jusqu’ici peu connue et mal reconnue. C’est ce que montre l’étude d’une expérimentation conduite auprès de salariés s’occupant de personnes en perte d’autonomie. En nous fondant sur les résultats de cette même expérimentation, nous suggérons qu’il est possible de proposer un mode de conception alternatif des dispositifs de gestion. Celui-ci pourrait consister à prendre en compte les besoins des acteurs – notamment, en termes de constitution de collectifs et de dynamique d’apprentissage –, tout en tenant compte des pratiques d’innovation déjà existantes dans le secteur.

Abstract

The medico-social sector is consistently pressured into becoming industrialised, through the development and introduction of technical management devices. However, most such devices disregard the specificity of professionals’ work – activity-related requirements, interpersonal skills, considerate behaviours. Therefore, such devices induce rationalisation which conflicts with professional logic, which has been little-known and illrecognized so far. These are the findings of a study carried out on employees in charge of people with decreasing autonomy. Based on these findings, we believe that it is possible to develop management devices by taking into account both stakeholders’ needs (especially in terms of group creation and learning dynamics) and existing innovation practices in the sector.