APPEL à COMMUNICATIONS – Colloque

Colloque n°405 : « Alter-organisation. L’alter, providence ou contrainte post covid-19 ?", 9 mai 2022.

« Alter-organisation ». L’alter, providence ou contrainte post covid-19 ?

Colloque n°405
9 mai 2022
Organisé à distance

Réception des résumés : 25 février 2022 (acfas2022.alter@gmail.com)

https://www.acfas.ca/evenements/congres/programme-preliminaire/400/405

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Ce colloque part d’un double constat. (1) La pandémie due au coronavirus SARS-CoV-2 est présentée comme un potentiel événement de rupture vers un « monde d’après ». Il s’agirait pour certains de capitaliser sur cette crise épidémique pour enclencher un monde plus durable, soutenable et social. (2) La période pandémique, marquée par les confinements successifs, redonnant quelques droits à la « nature », a mis en évidence la nécessité de transformer nos modalités de vie moderne face à l’urgence climatique et sociale. Le relai médiatique (tous média confondus) de la situation a opéré une résurgence massive, omniprésente, remettant en scène, journalistes experts, experts politiques et de santé publique, experts médicaux des services des urgences et de réanimation et d’épidémiologie et autres experts statisticiens qui ont contribué à fixer les représentations pandémiques de cataclysme et d’urgence de changement, sans que l’on sache d’ailleurs vers quel autre état il faut se diriger, évoluer et/ou se transformer.

Les organisations et les entreprises sont aujourd’hui de fait questionnées, remises en cause et sommées de se transformer. Par exemple, les organisations, suspendues à des rythmes de limitations voire d’interdictions de déplacements et de proximités humaines, se sont avancées vers un télétravail, seule alternative pour poursuivre une activité de production de biens et de services.

Ces éléments exigent aujourd’hui le développement d’une nouvelle approche de l’entreprise, de sa gestion et de son organisation et de ses modalités d’info-communications internes et externes. Cette ambition est historiquement tenue par les approches dites critiques en sciences des organisations (gestion, management, économie, communication organisationnelle). En management, celles-ci sont relativement récentes ; on les retrouve particulièrement au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves sous le terme de Critical Management Studies(Alvesson & Willmott, 1992). Plus récentes dans le champ francophone, elles constituent aujourd’hui un mouvement de plus en plus institutionnalisé et reconnu (Chanlat, 2013; Golsorkhi et al., 2009; Taskin & Nanteuil-Miribel, 2011). En communication organisationnelle, si l’approche critique a toujours été présente (D’Almeida & Carayol, 2014; Floris, 1996; Heller et al., 2013; Le Moënne, 1998), elle ne constitue pas pour autant un courant bien établi (Heller et al., 2013) et opérationnel, inscrit dans les changements opérés par les organisations. Sur les organisations émergentes de l’économie solidaire, Dacheux écrit en, 2011, « (…) les SIC peuvent mieux saisir la nature tridimensionnelle de l’espace public. Ce dernier n’est pas uniquement un espace de communication politique, c’est l’espace qui met en communication, le politique, l’économique et le symbolique » (Dacheux, 2011). Cette tri-dimension éprouvée dans un monde après la pandémie ou un monde avec la pandémie dans lequel d’autres organisations alternatives à celles existantes et dominantes. L’économie sociale et solidaire a ouvert une autre voie pour répondre à des besoins sortant du cycle de consommation-profit, la période de pandémie a mis la lumière sur la capacité de certains à la solidarité, l’entre-aide avec 

Si les courants critiques ont permis de dénoncer les usages idéologiques et néfastes de l’entreprise et des organisations, ceux-ci ont persisté dans une dénonciation, sans proposition d’alternatives viables et désirées (Voirol, 2012). Pour dépasser ces limites, l’étude d’« organisations alternatives » est de plus en plus présentée comme un troisième temps des approches critiques en management (Ouahab, 2019). L’organisation alternative devient aujourd’hui un terme fédérateur pour étudier à la fois de manière critique et performative des pratiques nouvelles de gestion (Parker et al., 2013 ; Dorion, 2017). Elles sont constituées de fait par un aspect contestataire, être contre un présent devenu insupportable, et un aspect de rupture de paradigme cherchant à penser, à produire et à déclencher un avenir désirable. Plusieurs approches en gestion et en communication organisationnelle sont alors envisagées : la démocratie (Diefenbach, 2020), la post-modernité (Silva et Lacan, 2020), la solidarité et le commun (Eynaud et França Filho, 2019), le délibéralisme (Dacheux & Goujon, 2020) ou encore le féminisme (Dorion, 2017). 

Ce colloque s’oriente clairement sur l’idée de l’« alter ». Nous proposons de recenser, d’étudier, d’analyser des questions émergentes notamment l’invention et la concrétisation de nouvelles organisations à la fois désirées et nécessaires. L’apocope alter– permet en outre d’envisager ce qui pourrait être différent et de le situer entre le déclaratif et le décidé, le projet et la réalisation vis-à-vis d’un changement organisationnel à tous les niveaux d’échelle. En effet, l’alter renvoie à une altérité de mode de fonctionnement individuel et collectif réfléchi, efficace et choisi. Dès lors pourrait-il ouvrir des voies de transformations entraînant un changement de paradigme sur notre conception et la pratique de l’organisation ? 

Ce colloque souhaite souligner les propositions théoriques et empiriques autour de pratiques, de dispositifs, d’organisations ou d’organizing alternatifs en cours de développement. Ceux-ci peuvent avoir des portées différenciées macrosociales ou microsociales, comme s’inscrire à différents niveaux organisationnels : dans leurs dimensions d’informations et de communications revisitées, dans leur relation avec les parties-prenantes, gouvernement et gouvernance d’entreprise, gestion des ressources humaines, politiques managériales, équipes de travail ou relation et interaction au travail. L’émergence de nouveaux points de vue info-communicationnels pourront aussi être interrogés notamment dans leur relation aux outils numériques collaboratifs (Alemanno et Yao, 2019).

Ce colloque sera centré sur des formes renouvelées de management et d’info-communication organisationnelle : quelle alter-organisation est proposée et/ou doit être proposée pour répondre aux enjeux sanitaires, sociaux et écologiques des prochaines années ?

Ce colloque propose ainsi de rassembler des recherches conceptuelles et/ou empiriques sur les champs en information-communication et en gestion. Il reste cependant ouvert à des propositions inscrites dans d’autres champs disciplinaires (philosophie, sociologie, psychologie, etc.). Nous proposons aux chercheurs d’apporter leurs contributions à l’étude de l’alter dans le cadre des questionnements, non-exhaustifs et ouverts, suivants :

(1) Ré-émergence de l’alter par la période de Covid-19

– Quelles sont les racines multiples et anciennes de ce retour de l’alter ?

– Pourquoi et comment la période de COVID-19 propose et permet de renouveler la question de l’alter abordée bien antérieurement à la pandémie ?

– Quelle(s) idéologie(s) sous-tendaient et sous-tendent désormais le(s) courant(s) alternatif(s) sur les entreprises et les organisations ?

– Quel est le risque idéologique et le dark-side de cet alter en entreprise ?

(2) (Re)penser l’alter : outils épistémologiques et méthodologiques.

– Comment définir l’alter en période néo-capitalistique ?

– Quels sont les apports théoriques et épistémologiques de l’alter ?

– Selon quelles approches (féministe, démocratique, décoloniale, écologique, postmoderne, etc.) l’alter pourrait-il se décliner et comment participent-elles à faire émerger de nouvelles réalités organisationnelles et sociétales ?

– Quelles innovations méthodologiques l’alter exige-t-il de la part des chercheurs ?

(3) (Re)penser la société, l’entreprise et l’organisation par l’alter

– Comment l’alter peut proposer une nouvelle approche de l’organisation et de l’entreprise ?

– Comment l’alter peut-il se concrétiser en dispositifs et en pratiques organisationnels ?

– Comment l’alter en entreprise vient questionner sa prise dans la société (système éducatif, cadre juridique, sphère politique, etc.) ?

– Quel alter pour les organisations de santé actuellement défaillantes au plan glocal?

Bibliographie :

ALEMANNO S., YAO B. (2019), Accompagnement de la transition numérique des organisations, L’impossible formation à la coopération, in 197-213

ALVESSON M, & WILLMOTT H (Éd.). (1992). Critical management studies. London ; Newbury Park, Sage.

CHANLAT J-F. (2013). Les études critiques en management. Un rappel historique. Communication. Information médias théories pratiques, No. Vol. 31/1, avril. doi:10.4000/communication.3840

DACHEUX E. (2011), Économie solidaire et communication, in J.L. Laville, coordination, L’économie solidaire coll. Les Essentiels d’Hermès, CNRS éditions. 2011

DACHEUX É, & GOUJON D. (2020). Défaire le capitalisme, refaire la démocratie: les enjeux du délibéralisme. Toulouse, Érès éditions.

D’ALMEIDA N, & CARAYOL V. (2014). La communication organisationnelle, une question de communauté. Revue française des sciences de l’information et de la communication, No. 4. doi:10.4000/rfsic.870

DANY F. (2009). Recherche critique en GRH et critique de la recherche : un voyage au cœur de la littérature qui met à mal certaines idées reçues. In D. Golsorkhi, I. Huault, & B. Leca, Les études critiques en management. Une perspective française (p. 307‑328). Québec, Presses de l’université Laval.

DIEFENBACH T. (2020). The democratic organisation: democracy and the future of work. New York, NY, Routledge/Taylor & Francis Group.

DORION L. (2017). Construire une organisation alternative. Revue Française de Gestion, Vol. 43, No. 264, p. 143‑160, avril.

EYNAUD P, & CARVALHO DE FRANÇA FILHO G. (2019). Solidarité et organisation: penser une autre gestion. Toulouse, Erès.

FLORIS B. (1996). La Communication managériale: la modernisation symbolique des entreprises. Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble.

GOLSORKHI D, HUAULT I, & LECA B. (2009). Les études critiques en management: une perspective française. Quebec City, Les Presses de L’Université Laval. Consulté à l’adresse http://www.deslibris.ca/ID/432614

HELLER T, HUËT R, & VIDAILLET B (Éd.). (2013). Communication et organisation: perspectives critiques. Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion. doi:10.4000/books.septentrion.7375

LEMOËNNE C (Éd.). (1998). Communications d’entreprises et d’organisations. Rennes, Presses Univ. de Rennes.

OUAHAB A. (2019). « Contester et consentir : La mise au travail des membres d’une organisation alternative. Le cas d’un supermarché coopératif et participatif » (Thèse de doctorat en Sciences de gestion). ESCP, Paris.

PARKER M, CHENEY G, FOURNIER V, & LAND C (Éd.). (2013). The Routledge companion to alternative organization. London ; New York, Routledge, Taylor & Francis Group.

SILVA F, & LACAN A. (2020). Repenser le management: pour une régulation collégiale des communautés de travail.

TASKIN L, & NANTEUIL-MIRIBEL M de. (2011). Le management peut-il être une science critique. In L. Taskin & M. de Nanteuil-Miribel, Perspectives critiques en management: pour une gestion citoyenne (p. 29‑47). Bruxelles, De Boeck.

TERRIER C. (2011), « Les enjeux de la communication de l’économie solidaire en Île-de-France », Communication [En ligne], Vol. 29/1 | 2011, mis en ligne le 16 décembre 2011, consulté le 15 décembre 202

VOIROL O. (2012). Quel est l’avenir de la théorie critique ? Questions de communication, No. 21, p. 107‑122, septembre.

Organisation :

o  Porteur scientifique : Sylvie Alemanno (Conservatoire National des Arts et Métiers – Paris)

o  Responsable communication et programme : Kévin Pastier (ICD Business School – Paris)

o   Responsable logistique : Victor Combes (Conservatoire National des Arts et Métiers – Paris)

o   François Silva (ICD Business School – Paris)

o   Michel Dalmas (ICD Business School – Paris)

o   Denis Jeffrey (Université de Laval)

Comité scientifique :

Bourret Christian, CNAM, Sciences de l’information et de la communication

Bouillon Jean-Luc, Université Rennes 2, Sciences de l’information et de la communication

Catellani Andréa, Université catholique de Louvain, Sciences de l’information et de la communication

Chanlat Jean François, Université Paris-Dauphin, sciences de gestion et du management

Collin Simon, Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal

Dalmas Michel, ICD Business School, sciences de gestion et du management

De la Broise Patrice, Université de Lille, Sciences de l’information et de la communication

Eynaud Philippe, IAE Paris, sciences de gestion et du management

Galibert Olivier, IUT Dijon, Sciences de l’information et de la communication

Igalens Jacques, Toulouse School of Management, sciences de gestion et du management

Kozanitis Anastassis, UQAM, science de l’éducation

Khachlouf Nada, ICD Business School, sciences de gestion et du management

Lacan Arnaud, KEDGE Business School, sciences de gestion et du management

Levasseur Louis, Université de Laval, science de l’éducation

Loneux Catherine, Université Rennes 2, Sciences de l’information et de la communication

Lepine Valérie, Université de Montpellier, Sciences de l’information et de la communication

Martin-Juchat Fabienne, Université Grenoble Alpes, Sciences de l’information et de la communication

Martineau Stéphane, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), science de l’éducation

Morillon Laurent, Université des Antilles, Sciences de l’information et de la communication

Noguera Florence, Université Paul-Valéry, sciences de gestion et du management

Pascual-Espuny Céline, Université Aix-Marseille, Sciences de l’information et de la communication

Peillex Jonathan, ICD Business School, sciences de gestion et du management

Peretti Jean-Marie, ESSEC Business School, sciences de gestion et du management

Simard Denis, Université de Laval, science de l’éducation

Scouarnec Aline, IAE de Caen, sciences de gestion et du management

Tardif Maurice, Université de Montréal, science de l’éducation

Wentzel Bernard, Université de Laval, science de l’éducation

Zacklad Manuel, CNAM, Sciences de l’information et de la communication

Calendrier :

Réception des résumés : 25 février 2022

Les propositions doivent faire apparaître dans l’ordre :

– Nom de(s) auteur(s)/autrice(s),  Institution(s) de rattachement, Le(s) axe(s) choisis

– Titre de la proposition: 180 caractères maximum, espaces compris.

– Le résumé doit être limité à 1500 caractères (espaces compris) et dix références bibliographiques.

Il doit exposer clairement l’objet de la communication, un corpus théorique de référence, brièvement la méthode de recherche et les résultats attendus/conclusions théoriques.

L’ensemble sur un format de 2 pages maximum, Times New Roman, taille 12, espacement 1,15.

Réception des versions finales des communications : 15 avril 2022

Tenue du colloque : 9 mai 2022

Suite aux évolutions sanitaires l’ensemble des activités scientifiques de l’ACFAS 2022 sera organisé en distanciel. Les activités hors-programme scientifique seront accessibles sur place et en ligne.

Pour en savoir plus : https://www.acfas.ca/evenements/congres/informations-utiles

Les communications et les présentations seront entièrement en français.

Le colloque souhaite valoriser le travail de jeunes chercheurs (doctorants et docteurs ayant soutenu récemment). Il encourage ainsi ceux-ci à venir présenter leur recherche en cours ou finalisée.

Projet de publication :

Les meilleures communications présentées, sélectionnées par le comité scientifique, continueront le processus d’évaluation pour constituer un numéro spécial de la revue Management & Avenir (revue indexée HCERES/CNU et FNEGE 3).

L’ensemble des communications entrera dans un projet de publication d’un ouvrage collectif.

Instructions aux auteurs

Les papiers doivent être transmis au format word (.doc, .docx – pas de .pdf accepté) et envoyés à l’adresse suivante :

acfas2022.alter@gmail.com

Les communications ont une longueur de 12 à 15 pages (page de titre incluse), en simple interligne. Le texte doit utiliser la police Times 12.

Les titres et les sous-titres doivent utiliser la numérotation décimale (1, 1.1, 1.1.1)

Les pages doivent être paginées.

Page de titre
Le texte soumis doit inclure une page de titre, qui comporte les informations suivantes :
– Titre
– Noms des auteurs et affiliations
– adresse e-mail
– Adresse permanente

Résumé
Un résumé de 400 mots maximum doit être proposé en français et en anglais.

Mots-clés
3 à 6 mots-clés doivent être proposés en français et en anglais (titre également traduit).

Autres éléments de mise en forme 
Titre : Times 18 en gras
Nom de l’auteur : Times 14 en gras
Résumé et Abstract en gras en 16, puis contenu en Times 12
Titre 1. : Times 14 en gras
Titres 1.1. : Times 12 en gras
Conclusion : Times 14 en gras
Bibliographie : Times 14 en gras, puis contenu en Times 12, suivant le modèle suivant :
–   Ouvrage : NOM DE L’AUTEUR et initiale du prénom, (date de publication), Titre de l’ouvrage, Editeur, Lieu d’édition, (exemple : MINTZBERG H. (1994), Grandeur et décadence de la planification stratégique, Dunod, Paris).
–     Article : NOM DE L’AUTEUR et initiale du prénom, (date de publication), « Titre de l’article », Titre de la revue, Vol. x, No. x, p. x-y, date de publication, (exemple : KOENIG G. (1996), « Karl E. Weick », Revue française de gestion, No. 108, p. 57-70, mars-avril-mai).

Les titres, intertitres, « chapeaux » et textes en exergue sont de la responsabilité de la rédaction de la revue qui se réserve le droit de modifier ceux qui sont proposés par l’auteur. Les communications ne doivent pas comporter d’annexes : tableaux, schémas, images et autres ajouts – en noir et blanc – doivent être insérés dans le texte.

Références bibliographiques
Les références dans le corps du texte doivent être présentées entre parenthèses, par nom d’auteur, suivi de la date de publication par exemple (MICK & MORLOCK, 2008). Si plusieurs références du même auteur sont citées, mettre en premier les références les plus anciennes.
A la fin de la communication, les références citées dans le corps du texte doivent être listées (sans numérotation) par ordre alphabétique des auteurs. Pour les références ayant plus de 4 auteurs, utiliser la forme MICK et al. Si plusieurs références ont le même auteur et la même date, utiliser les lettres « a, b,… » placées après la date pour les distinguer, par exemple (MICK, 2001a).
Merci de respecter le format de citation suivant :

Journal Article
POLLITT C. (2001), « Convergence : The Useful Myth ? », Public Administration, Vol. 79, N°4, p. 933-947.

Livre
GALBRAITH J.-K. (2008), The Predator State, Free Press, New York.

Annexes
Le document ne doit comporter aucune annexe : les schémas, tableaux et équations jugés essentiels doivent être inclus dans le corps du texte.

“Tiers lieux et Organisations : quels dialogues ?”

Date limite de soumission : 30 juin 2022

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L’économie du savoir et les transformations du numérique (Burret, 2015) ont bouleversé dès les années 2000 nos modes de vie etnos manières de travailler (D’Amours et al., 2015), ce qui a favorisé l’émergence progressive de nouvelles formes d’espaces, les « tiers-lieux ». Dans ce contexte, ces tiers-lieux, définis comme des espaces favorisant les échanges, la socialisation et les interactions au sein d’un même lieu, contribuent à la constitution de communautés, ou groupes d’acteurs basés sur des liens de complicité intellectuelle (Oldenbourg, 1989).

La diversité des tiers-lieux, tant au niveau de leurs activités, dimensions ou formes juridiques, en font des entités difficiles àappréhender et en constante évolution (Liefooghe, 2018).

Une classification plus fine des tiers-lieux révèle un large spectre d’appropriation et de mise en réseau par les acteurs : les tiers-lieux d’activités, appelés espaces de coworking, constituent à la fois un lieu de travail et de collaboration ; les tiers-lieux d’innovation, comme les FabLab et LivingLab visent à la diffusion de procédés d’innovation par la mise à disposition de matériels et le partage d’expérience ; les tiers-lieux culturels cherchent à promouvoir la culture et la coproduction de savoirs ; les tiers-lieuxsociaux visent la transition démocratique et l’économie sociale et solidaire, à travers des valeurs de partage et citoyenneté. Enfin, des tiers-lieux publics à l’initiative des collectivités ont pour objet la redynamisation de certains territoires. Ainsi, ces typologies reflètent des entités mouvantes, à développer par et au service des acteurs qui les occupent, les gèrent et les font vivre.

Au regard de l’émergence des « new ways of working » (Ajzen et al., 2015 ; Brunia et al., 2016), les tiers lieux se sont imposés comme des opportunités pour certains acteurs économiques comme les collectivités territoriales, les travailleurs indépendants, les entreprises ou les associations. En particulier, le coworking ou espace de travail collaboratif est apparu comme une nouvellealternative pour des entrepreneurs, des travailleurs indépendants ou des salariés télétravailleurs qui investissent un espace de travail qui n’est ni leur domicile, ni leur entreprise. Le coworking s’est également développé par la volonté de salariés d’échapper àla complexité des organisations et à des formes de management parfois rigides (Dupuy, 2015).

Au-delà, la fréquentation des tiers-lieux garantit aux entreprises et salariés l’accès à une nouvelle forme de socialisation et decommunauté de travail (Garrett et al., 2017).

A travers ces développements, les tiers-lieux apparaissent pourtant comme de nouveaux espaces à s’approprier par les acteurs, témoins de leurs aspirations à travailler, se déplacer, innover, et nouer des relations avec d’autres individus autrement. Noussouhaitons donc dans ce cahier spécial enrichir les contributions sur les tiers-lieux, par une meilleure compréhension de leur fonctionnement mais également des relations qu’ils peuvent entretenir avec leur environnement. Comment les Tiers-Lieuxrenouvellent-ils nos connaissances des organisations ? Les contributions soumises pourront s’inscrire dans l’une des thématiques suivantes :

  • Les tiers-lieux comme lieux «organisés »

Ce thème questionne les tiers-lieux en tant qu’entités organisées dont les contours et fonctionnements sont encore en définition:

–          Les tiers-lieux peuvent-ils être considérés comme des formes alternatives d’organisation ?

–          En quoi les tiers-lieux sont-ils des vecteurs d’innovation stratégique et managériale ?

–          Quels modèles d’affaires pour les tiers-lieux ?

–          Quelles sont les motivations des individus à rejoindre un tiers-lieu et comment y vivent-ils ?

  • Les tiers-lieux comme réseaux inter-organisationnels

Ce thème questionne la participation des tiers-lieux à des réseaux inter-organisationnels et les différentes formes que ces derniers peuvent prendre :

–    Comment les relations entre les tiers-lieux et les acteurs publics (institutionnels, collectivités territoriales) peuvent-elles contribuer à redynamiser les territoires ? A favoriser la transition écologique ?

–    En quoi les relations des tiers-lieux avec les acteurs privés renouvellent-elles les rapports au travail (corpoworking, co-workers issus d’entreprises ou d’associations) ?

  –  Quels sont les enjeux des coopérations entre tiers-lieux ?

Les propositions attendues pour ce cahier spécial peuvent être de nature empirique ou méthodologique. Les articles retenus pourront répondre aux problématiques ci-dessus, sans exclure d’autres manières d’interroger les tiers-lieux en lien avec lesorganisations.

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Bibliographie indicative

Ajzen M., Donis C. & Taskin L. (2015) « Kaléidoscope des Nouvelles Formes d’Organisation du Travail : L’instrumentalisationstupide d’un idéal collaboratif et démocratique », Gestion 2000, 32, p. 125-147.

Bohas A., Faure S., de Vaujany F.X. (2017) « Tiers-lieux & Espaces collaboratifs : Laboratoires et révélateurs des nouvelles pratiques de travail », Rapport de recherche, RGCS (Research Group on Collaborative Spaces).

Brunia S., De Been I. & van der Voordt T. (2016) “Accommodating new ways of working: lessons from best practices and worst cases”, Journal of Corporate Real Estate, 18, p.30-47. Burret A. (2015), Tiers-lieux… Et plus si affinités, Editions FYP, 192p.

D’Amours M., Soussi S. & Tremblay D.G. (2015) Repenser le travail : des concepts nouveaux pour des réalités transformées,PUQ. 350 p.

Dupuy F. (2015), La faillite de la pensée managériale, Le Seuil, 240 p.

Garrett L. E., Spreitzer G.M. and Bacevice P. A. (2017) “Co-constructing a Sense of Community at Work: The Emergence of Community in Coworking Spaces”, Organization Studies, 38(6), p. 821–842.

Krauss G., Tremblay D.G. (2019) Tiers-lieux. Travailler et entreprendre sur les territoires : espaces de coworking, fablabs, hacklabs,…, PUR et PUQ, 212 p.

Le Nadant A.L., Marinos C. & Krauss G. (2018) « Les espaces de coworking : Le rôle des proximités dans les dynamiques collaboratives », Revue Française de Gestion, 44, p. 121-137. Liefooghe C. (2018) « Le tiers-lieu, objet transitionnel pour un monde en transformation », L’Observatoire, 52, p. 9-11.

Oldenburg R. (1989). The Great Good Place, Da Capo Press, 384 p.

Suire R., Berthinier-Poncet A. & Fabbri J. (2018) « Les stratégies de l’innovation collective : Communautés, organisations,territoires », Revue française de gestion, 272, p. 71-84.

Tremblay D. & Scaillerez A. (2020) “Coworking Spaces: New Places for Business Initiatives?”,

Journal of Innovation Economics & Management, 31, p. 39-67.

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Co-rédacteurs en chefs invités

Véronique Perret, Professeure des Universités, Université Paris Dauphine

Jean-Denis Culié, enseignant-chercheur, EM Normandie

Clémence Joffre, enseignant-chercheur EMNormandie

Delphine Minchella, enseignant-chercheur, EM Normandie

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Comité scientifique

Sabine Carton, Professeure des Universités, Université Grenoble Alpes

Florence Charue-Duboc, Directrice de recherche CNRS, Ecole Polytechnique

Olivier Germain, Professeur titulaire ESG UQAM

Valérie Mérindol, Professeure HDR, Paris School of Business

Laurent Taskin, Professeur, Louvain School of Management

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Modalité de soumission

Les propositions d’articles doivent être envoyées par courrier électronique avant le 30 juin 2022 à tierslieuxrma@gmail.com.

http://managementetavenir.net/.

Les manuscrits soumis dans le cadre de cet appel à contributions feront l’objet d’une évaluation en double aveugle.

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Calendrier indicatif

–  Réception des propositions 30 juin 2022

–  Retour de la première évaluation : 31 août 2022

–  Envoi de la seconde version des textes : 15 novembre 2022

–  Retour de la seconde évaluation : 15 décembre 2022

–  Envoi de la version finale : 30 janvier 2023

–  Publication : premier semestre 2023