APPEL à PUBLICATIONS – RMA – Cahier spécial

“Tiers lieux et Organisations : quels dialogues ?”

Date limite de soumission : 30 juin 2022

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L’économie du savoir et les transformations du numérique (Burret, 2015) ont bouleversé dès les années 2000 nos modes de vie etnos manières de travailler (D’Amours et al., 2015), ce qui a favorisé l’émergence progressive de nouvelles formes d’espaces, les « tiers-lieux ». Dans ce contexte, ces tiers-lieux, définis comme des espaces favorisant les échanges, la socialisation et les interactions au sein d’un même lieu, contribuent à la constitution de communautés, ou groupes d’acteurs basés sur des liens de complicité intellectuelle (Oldenbourg, 1989).

La diversité des tiers-lieux, tant au niveau de leurs activités, dimensions ou formes juridiques, en font des entités difficiles àappréhender et en constante évolution (Liefooghe, 2018).

Une classification plus fine des tiers-lieux révèle un large spectre d’appropriation et de mise en réseau par les acteurs : les tiers-lieux d’activités, appelés espaces de coworking, constituent à la fois un lieu de travail et de collaboration ; les tiers-lieux d’innovation, comme les FabLab et LivingLab visent à la diffusion de procédés d’innovation par la mise à disposition de matériels et le partage d’expérience ; les tiers-lieux culturels cherchent à promouvoir la culture et la coproduction de savoirs ; les tiers-lieuxsociaux visent la transition démocratique et l’économie sociale et solidaire, à travers des valeurs de partage et citoyenneté. Enfin, des tiers-lieux publics à l’initiative des collectivités ont pour objet la redynamisation de certains territoires. Ainsi, ces typologies reflètent des entités mouvantes, à développer par et au service des acteurs qui les occupent, les gèrent et les font vivre.

Au regard de l’émergence des « new ways of working » (Ajzen et al., 2015 ; Brunia et al., 2016), les tiers lieux se sont imposés comme des opportunités pour certains acteurs économiques comme les collectivités territoriales, les travailleurs indépendants, les entreprises ou les associations. En particulier, le coworking ou espace de travail collaboratif est apparu comme une nouvellealternative pour des entrepreneurs, des travailleurs indépendants ou des salariés télétravailleurs qui investissent un espace de travail qui n’est ni leur domicile, ni leur entreprise. Le coworking s’est également développé par la volonté de salariés d’échapper àla complexité des organisations et à des formes de management parfois rigides (Dupuy, 2015).

Au-delà, la fréquentation des tiers-lieux garantit aux entreprises et salariés l’accès à une nouvelle forme de socialisation et decommunauté de travail (Garrett et al., 2017).

A travers ces développements, les tiers-lieux apparaissent pourtant comme de nouveaux espaces à s’approprier par les acteurs, témoins de leurs aspirations à travailler, se déplacer, innover, et nouer des relations avec d’autres individus autrement. Noussouhaitons donc dans ce cahier spécial enrichir les contributions sur les tiers-lieux, par une meilleure compréhension de leur fonctionnement mais également des relations qu’ils peuvent entretenir avec leur environnement. Comment les Tiers-Lieuxrenouvellent-ils nos connaissances des organisations ? Les contributions soumises pourront s’inscrire dans l’une des thématiques suivantes :

  • Les tiers-lieux comme lieux «organisés »

Ce thème questionne les tiers-lieux en tant qu’entités organisées dont les contours et fonctionnements sont encore en définition:

–          Les tiers-lieux peuvent-ils être considérés comme des formes alternatives d’organisation ?

–          En quoi les tiers-lieux sont-ils des vecteurs d’innovation stratégique et managériale ?

–          Quels modèles d’affaires pour les tiers-lieux ?

–          Quelles sont les motivations des individus à rejoindre un tiers-lieu et comment y vivent-ils ?

  • Les tiers-lieux comme réseaux inter-organisationnels

Ce thème questionne la participation des tiers-lieux à des réseaux inter-organisationnels et les différentes formes que ces derniers peuvent prendre :

–    Comment les relations entre les tiers-lieux et les acteurs publics (institutionnels, collectivités territoriales) peuvent-elles contribuer à redynamiser les territoires ? A favoriser la transition écologique ?

–    En quoi les relations des tiers-lieux avec les acteurs privés renouvellent-elles les rapports au travail (corpoworking, co-workers issus d’entreprises ou d’associations) ?

  –  Quels sont les enjeux des coopérations entre tiers-lieux ?

Les propositions attendues pour ce cahier spécial peuvent être de nature empirique ou méthodologique. Les articles retenus pourront répondre aux problématiques ci-dessus, sans exclure d’autres manières d’interroger les tiers-lieux en lien avec lesorganisations.

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Bibliographie indicative

Ajzen M., Donis C. & Taskin L. (2015) « Kaléidoscope des Nouvelles Formes d’Organisation du Travail : L’instrumentalisationstupide d’un idéal collaboratif et démocratique », Gestion 2000, 32, p. 125-147.

Bohas A., Faure S., de Vaujany F.X. (2017) « Tiers-lieux & Espaces collaboratifs : Laboratoires et révélateurs des nouvelles pratiques de travail », Rapport de recherche, RGCS (Research Group on Collaborative Spaces).

Brunia S., De Been I. & van der Voordt T. (2016) “Accommodating new ways of working: lessons from best practices and worst cases”, Journal of Corporate Real Estate, 18, p.30-47. Burret A. (2015), Tiers-lieux… Et plus si affinités, Editions FYP, 192p.

D’Amours M., Soussi S. & Tremblay D.G. (2015) Repenser le travail : des concepts nouveaux pour des réalités transformées,PUQ. 350 p.

Dupuy F. (2015), La faillite de la pensée managériale, Le Seuil, 240 p.

Garrett L. E., Spreitzer G.M. and Bacevice P. A. (2017) “Co-constructing a Sense of Community at Work: The Emergence of Community in Coworking Spaces”, Organization Studies, 38(6), p. 821–842.

Krauss G., Tremblay D.G. (2019) Tiers-lieux. Travailler et entreprendre sur les territoires : espaces de coworking, fablabs, hacklabs,…, PUR et PUQ, 212 p.

Le Nadant A.L., Marinos C. & Krauss G. (2018) « Les espaces de coworking : Le rôle des proximités dans les dynamiques collaboratives », Revue Française de Gestion, 44, p. 121-137. Liefooghe C. (2018) « Le tiers-lieu, objet transitionnel pour un monde en transformation », L’Observatoire, 52, p. 9-11.

Oldenburg R. (1989). The Great Good Place, Da Capo Press, 384 p.

Suire R., Berthinier-Poncet A. & Fabbri J. (2018) « Les stratégies de l’innovation collective : Communautés, organisations,territoires », Revue française de gestion, 272, p. 71-84.

Tremblay D. & Scaillerez A. (2020) “Coworking Spaces: New Places for Business Initiatives?”,

Journal of Innovation Economics & Management, 31, p. 39-67.

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Co-rédacteurs en chefs invités

Véronique Perret, Professeure des Universités, Université Paris Dauphine

Jean-Denis Culié, enseignant-chercheur, EM Normandie

Clémence Joffre, enseignant-chercheur EMNormandie

Delphine Minchella, enseignant-chercheur, EM Normandie

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Comité scientifique

Sabine Carton, Professeure des Universités, Université Grenoble Alpes

Florence Charue-Duboc, Directrice de recherche CNRS, Ecole Polytechnique

Olivier Germain, Professeur titulaire ESG UQAM

Valérie Mérindol, Professeure HDR, Paris School of Business

Laurent Taskin, Professeur, Louvain School of Management

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Modalité de soumission

Les propositions d’articles doivent être envoyées par courrier électronique avant le 30 juin 2022 à tierslieuxrma@gmail.com.

http://managementetavenir.net/.

Les manuscrits soumis dans le cadre de cet appel à contributions feront l’objet d’une évaluation en double aveugle.

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Calendrier indicatif

–  Réception des propositions 30 juin 2022

–  Retour de la première évaluation : 31 août 2022

–  Envoi de la seconde version des textes : 15 novembre 2022

–  Retour de la seconde évaluation : 15 décembre 2022

–  Envoi de la version finale : 30 janvier 2023

–  Publication : premier semestre 2023